2ème pilier : la rente en perte de vitesse

Les taux de conversion baissent en silence, et les rentes des futurs retraités avec.

Certes, le taux minimum légal de 6.8% semble toujours acceptable, sauf qu’il ne s’applique que sur la part obligatoire du capital épargné (ou « avoir de vieillesse LPP » dans le décompte de prévoyance). Pour celles et ceux qui gagnent plus que 85’320.- par an, la part dite « sur-obligatoire » va être convertie à un taux beaucoup plus bas – ce n’est pas une prédiction, c’est une certitude. En fait, c’est déjà le cas. Il y a deux ans, la caisse de pension de l’UBS faisait la une des journaux avec sa décision d’abaisser son taux de conversion de 5.44% à … 4.42%. Depuis, d’autres ont suivi le mouvement, plus discrètement.

Avec un taux de conversion pondéré de 5%, un/e assuré/e ayant 500’000 CHF sur son compte 2ème pilier ne pourra espérer qu’une rente mensuelle de 2’083 CHF à la retraite. A cela s’ajoute bien entendu la rente AVS, mais même si cette dernière est complète, les revenus combinés du 1er et du 2ème pilier seront certainement bien inférieurs à l’objectif de 60% des revenus avant l’entrée à la retraite. Les suissesses et les suisses sont en train de comprendre ce qui les attend.

Il n’est donc pas étonnant d’apprendre que plus d’un tiers des personnes ayant atteint l’âge de la retraite et jusqu’à cinq ans après déclarent qu’elles ont retiré tout ou partie de leur capital de retraite[1]. Cette proportion va considérablement augmenter dans les dix prochaines années. Ce n’est pas une prédiction… c’est une certitude :

  • Un nombre grandissant de caisses de pensions vont imposer le retrait d’une partie du capital de retraite, au-delà d’un certain montant, afin de réduire leurs risques ;
  • Les assuré/e/s vont prendre conscience de la faiblesse de leurs rentes et vont préférer disposer librement de leur capital afin de tenter de générer de meilleurs rendements ;
  • Malheureusement, certains assuré/e/s vont également faire le choix de quitter la Suisse avec leur capital pour vivre leur retraite sous des cieux où la vie est moins onéreuse… et non, cela ne concerne pas que les salaires modestes.

Afin de se ménager le plus d’options à la retraite, il n’y a qu’une seule solution : prendre conscience du problème le plus tôt possible. Et bien sûr, agir. Comment ? En épargnant de manière intelligente et disciplinée. C’est le seul moyen d’y arriver. Et là encore, ce n’est pas une prédiction, mais une certitude.

 

 

[1] Source : Office Fédéral de la Statistique, communiqué de presse du 6 juillet 2020.

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